Un quartier, une histoire Imprimer

breve robinson

Une bonne table marseillaise pour la postérité !

 

Situé à un kilomètre du quartier de La Conception, Robinson est un lieu à l’histoire méconnue. Occupé par un seul propriétaire aux alentours de 1900, puis par en 1930, il est aujourd’hui un quartier résidentiel peuplé et métissé. Voyage dans le temps à la rencontre de ces personnages emblématiques, pionniers du quartier.

 

La dénomination officielle relativement récente de ce quartier a pour origine l’installation, à la fin du 19ème siècle, d’un caférestaurant appelé « Le Robinson Marseillais » et autrefois situé dans la ligne droite de la route du Mont-d’Or. Son propriétaire d’origine marseillaise y vivait seul, isolé entre La Conception et Saint-Louis, et se comparait donc à Robinson Crusoë. Il en profitait pour vanter à ses clients le calme et la tranquillité des lieux : « Quand on a été à Robinson, on y revient toujours, comme à ses premières amours ».

 

Il y organisait parfois des courses de canards « à la marseillaise » et des courses à pied « pour les indigènes ». Il pourrait s’agir d’Édouard Barruyer, dont le nom figure dans les colonnes du quotidien La France Australe, à la rubrique des faits divers relatant l’accident d’une voiture chargée de paille en provenance du Robinson Marseillais (ndlr : le nom de Maurice Édouard Barruyer, domicilié à Marseille en 1891, quand il fut condamné à la relégation en Nouvelle-Calédonie pour escroquerie, figure par ailleurs dans les dossiers du Bagne).

Un lieu de villégiature

Une publicité de 1905 précise que le Robinson Marseillais « est fréquenté plus que jamais par la société nouméenne, depuis l’ouverture du chemin de fer. Descendre à la station d’Auteuil. Le soir, les voitures de l’Établissement ramèneront les promeneurs à la gare. » La route d’Auteuil au Robinson Marseillais totalisait alors 6 kilomètres.

 

Dans les années 1930, cette zone est occupée par trois propriétaires : M. Galinié, sur la partie extrême sud de la rivière Namié, M. Gaston Dufour, cordonnier célèbre dans la rue de l’Alma à Nouméa, en limite sud avec M. Galinié, et M. Robert Dufour, frère du précédent, qui s’est livré à un élevage de bovins sur la zone à l’ouest de la Namié.

 

En 1946, M. Galinié vend 2 hectares situés à l’ouest de sa propriété à Jean Creugnet et 3 de ses beaux-frères. L’ensemble de cette acquisition portera le nom de « Cité Creugnet ». Le premier propriétaire est indiqué comme étant le « Morcellement de la Mission » (catholique).

 

Si Gaston Dufour a conservé ses terrains pour en faire bénéficier ses enfants et descendants, la zone d’élevage appartenant à son frère Robert a été revendue. En février 1955, Félix Bernut et son épouse Faustine la rachètent à Édouard Pentecost qui en avait fait l’acquisition. Cette zone de 10 hectares 30 est appelée de nos jours « Lotissement Bernut ». Réginald Bernut, fils de Félix et maire du Mont-Dore de 2001 à 2003, y réside toujours.

 

Dans les années 1950, 22 familles habitaient le quartier. Quelques années après, toute la portion bordant au sud la route qui traverse Robinson est à son tour l’objet de deux lotissements : l’un au nom de Costa, entre la colline et la route, l’autre au nom de M. Cornaille, sur la colline.

 

Plus tard, la ville, sous l’impulsion du maire Pierre Frogier, a fait l’acquisition de terrains Galinié, lors d’une succession, pour développer considérablement le quartier avec le FSH et la SIC, notamment. Le lotissement FSH a été réalisé à partir de 1995 et les premiers occupants s’y sont installés dès 1997.

Un quartier très peuplé

Aujourd’hui, Robinson est un quartier très peuplé, avec des constructions à flanc de colline permettant de profiter de la vue et de l’alizé. L’emboîtement de « pierres sèches » de certains murs de soutènement n’est pas sans rappeler le célèbre Machu
Picchu. Tout existe pour les besoins des habitants du quartier : commerces, artisans, médecins, pharmacie, écoles, terrains de sport, restaurants et même une banque, la première sur la route du Grand Sud.

 

À noter, la propriété créée par Lucien Lavoix vers 1954, à 500 mètres d’altitude, près du Chapeau de gendarme (le pic Malaoui). Il y a planté une collection de conifères calédoniens. En octobre-novembre, ses azalées de toutes les couleurs illuminaient la forêt humide calédonienne.

 

Robinson est le quartier du Mont-Dore qui a, le premier, pris un développement spectaculaire, avec un panache de communautés, logeant dans de coquettes habitations entourées de fleurs et d’arbres fruitiers. Profitons-en pour rappeler l’action de ceux qui, avec Jean Creugnet, ont ouvert, en 1947, le sentier de la Commission régionale pour le faire aboutir par l’action des « suivants » à la municipalité, 60 ans après…

 

Fiche technique

  • Superficie : 463 hectares (4,63 km2)
  • Quartiers limitrophes : La Conception, Boulari, Saint-Louis
  • Population : 5 064 habitants (recensement de 2014) contre 4 901 en 2004
  • Densité : 1 093,73 hab./km2 (Mont-Dore : 42,2 hab./km2)
  • Équipements économiques : cabinets médicaux et pharmacie, supermarché, épicerie bio, commerces, banque, restaurants, pizzéria, garderies agréées, maison de retraite médicalisée…
  • Équipements scolaires : école primaire Louis-Henri-Galinié, groupe scolaire Jacques-Clavel, Institut spécialisé de l’autisme (ISA).
  • Association : Association socio-éducative Robinson-Mont-Dore (ASERM)
  • Sports et loisirs : parc de Robinson (espace de jeux, aire de pique-nique et wifi gratuit), parcours santé de 1,5 km et Café-restaurant Le Robinson Marseillais. plateau sportif. Gîte de tourisme.
Mise à jour le Mardi, 11 Février 2020 16:13
 
 

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