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Le programme Wolbachia déployé sur la commune

Le 29 juillet, la Ville du Mont-Dore a signé une convention avec le gouvernement, l’institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie et l’université Monash en Australie pour déployer le World Mosquito Program sur la commune. Objectif : enrayer les épidémies de dengue.

 

Wolbachia

 

Initié à Nouméa, le programme Wolbachia, qui vise à éradiquer la dengue par l’introduction de la bactérie Wolbachia dans la population des moustiques vecteurs de la maladie, va être mis en place au Mont-Dore.

« Développée par l’équipe du World Mosquito Program de la Monash University de Melbourne, la méthode Wolbachia consiste à introduire une bactérie présente en milieu naturel dans des moustiques de type Aedes aegypti afin de limiter leur capacité à transmettre les virus responsables de la dengue, du zika et du chikungunya à l’homme, explique le docteur Nadège Rossi, chef de projet. Ces moustiques porteurs de Wolbachia sont ensuite relâchés dans la nature. Lors de leur reproduction, ils vont transmettre la bactérie à leur descendance, la rendant incapable de transmettre le virus. De génération en génération, la majorité des moustiques va devenir porteuse de la bactérie, réduisant ainsi le risque d’épidémies. »

Contraint par des moyens humains et une capacité de production limités, le programme va cibler les quartiers qui concentrent la plus forte densité de population, a fortiori les plus touchés par les épidémies de dengue.

Sont concernés : Yahoué, le Pont-des-Français, La Conception, Robinson, Boulari et Saint-Michel. Le sud de la commune n’est pas exclu du programme. Il devrait être couvert par la suite.

 

1 000 points de lâcher de moustiques

 

Environ 1 000 points de lâcher de moustiques, en grande majorité situés sur la voie publique, seront répartis dans ces différents quartiers. Ces points ont été repérés sur le terrain par les agents dès la fin du mois d’octobre. Le principe ? Chaque semaine, un agent va passer sur le point enregistré pour disposer un pot dans lequel il mettra de l'eau, des œufs de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia et de la nourriture pour moustiques.

Les œufs vont éclore, donnant des larves qui évolueront en nymphes puis en moustiques adultes qui s'échapperont des pots après 10 à 15 jours (entre 150 et 200 moustiques par pot). Les lâchers de moustiques devraient débuter en décembre ou en janvier, selon l'évolution de la situation sanitaire, et s’échelonner sur six mois. « Afin de contrôler la bonne installation des moustiques porteurs de Wolbachia, des pièges seront disposés chez des personnes volontaires. Les moustiques capturés seront récupérés par nos agents toutes les semaines ou toutes les deux semaines, pour être ensuite analysés au laboratoire », explique Nadège Rossi.

En quelques mois, l’installation de Wolbachia devrait être effective.

Cependant, la mesure d’impact épidémiologique ne pourra être complètement mesurée qu'après la reprise de la circulation des populations, bloquées en raison de la suspension de la desserte aérienne.

 

La population impliquée

Partie prenante du succès de l’opération, les Mondoriens vont être amenés à donner leur avis lors d’une enquête menée sur un panel de la population. « Il va y avoir un gros travail de communication et d’échanges avec les habitants afin de les rassurer et, s’il y a lieu, de lever les incompréhensions. Leur soutien est un élément clé de la réussite du programme. Et nous nous tenons à leur disposition pour répondre à toutes leurs questions », relève Nadège Rossi.

En plus de sa contribution financière, la Ville du Mont-Dore va mettre un agent sur le terrain pour aider à la mise en œuvre du programme. La Ville s’est également engagée à travailler avec le World Mosquito Program pour communiquer régulièrement auprès de ses administrés sur l'avancement du programme.

 

 

Appel aux volontaires

Si vous souhaitez participer au programme pour :
Wolbachia benevol
  • accueillir un piège afin d’aider à évaluer l'installation des moustiques porteurs de Wolbachia ;
  • accueillir un pot pour participer aux lâchers de moustiques et bénéficier au plus près de votre domicile de la méthode ;
  • faire partie de notre groupe de référence communautaire pour nous aider à communiquer auprès de tous.

Contactez le 050 008 (numéro vert) ou rendez-vous sur la page Facebook World Mosquito Program NouvelleCaledonie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Questions à Nadège Rossi, chef de projet

« Ce qui va diminuer, c’est le risque d’attraper la maladie. » nadege

 

 

La bactérie Wolbachia est-elle un organisme génétiquement modifié ?

Non. C’est une association entre le moustique et la bactérie. On ne touche pas au patrimoine génétique du moustique ni au patrimoine génétique de la bactérie. Le moustique porteur de Wolbachia est un moustique local auquel on a ajouté cette bactérie qui est naturellement présente chez 60 % des espèces d'insectes à travers le monde, mais pas chez le moustique Aedes aegypti, responsable de la transmission de la dengue en Nouvelle-Calédonie.

 

Ces moustiques vont-ils tuer les autres moustiques et réduire leur nombre ?

Non. Le degré de nuisance ne va pas changer, ce qui va diminuer, c’est le risque d’attraper la maladie. Nos moustiques sont relâchés pour qu’ils transmettent la bactérie Wolbachia à leur descendance, mais nous n’aurons pas plus, pas moins de moustiques, excepté lors des lâchers. La population de moustiques va se restabiliser à son niveau initial car elle dépend du nombre de gîtes qu’elle va trouver dans l’environnement. D’où l’importance de continuer à détruire les gîtes larvaires et à se protéger.

 

Va-t-on avoir plus de moustiques lors des lâchers ?

Oui et non. Nous allons forcément en rajouter un peu, mais on ne parle pas de nuées de moustiques. La population ne sera pas plus embêtée ! Un lâcher équivaut à six moustiques supplémentaires par semaine et par domicile, soit un moustique par jour. En revanche, ce qui nous pénalise et peut laisser penser que les lâchers de moustiques entraînent une forte augmentation du nombre de moustiques, c’est que le lancement des lâchers correspond à la saison chaude, propice à l’augmentation naturelle des moustiques dans l’environnement.

 
 

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