Un quartier une histoire : Plum 1ère partie Imprimer

 

Le wharf de chargement de la SLN

 

La pioche et le fusil

 

C’est le quartier du Mont-Dore qui ouvre la porte du Grand Sud, avec sa célèbre source du col de Plum. La plaine a d’abord été une zone occupée par des tribus kanak avant d’être un poste militaire. Plum a connu la ruée vers le chrome puis l’entraînement des soldats américains. Le camp militaire, remis aux Français, reste un emblème du quartier.
 

Abattage de la roche (Lucky Hitt)

Avant 1854, cette zone côtière était occupée par des tribus kanak, sous l’autorité du chef Aliki Kari. À la suite du massacre des colons de la station Bérard, début 1857, une partie des gens de Plum dont leur chef Mwaki (fils d’Aliki Kari, tué par Kandjo), partis à l’île Ouen en pirogue, n’ont pu revenir sur leurs terres. Ils étaient recherchés pour n’avoir pas averti l’autorité militaire du projet de Kandjo. Le 8 juin 1859, le gouverneur Saisset confie aux ordres du lieutenant Malherbe un poste militaire baptisé « Camp des Plums ». Il sera supprimé en 1867 par le gouverneur

 

Guillain qui ouvre une route vers Plum en vue de relier le Grand Sud. Les terrains sont vendus aux enchères, de gré à gré ou mis en location. Les premiers colons portent les noms d’Higginson, Daly, Coste, Kelly, Cassabois et Vezard.
 
 
 L’or noir du

L’or noir du Caillou

 
C’est ainsi que la main-d’œuvre indochinoise désignait le minerai de chrome. À partir de 1880 et 1890, l’exploitation minière va transformer la région de Plum. Cela commence en 1865, lorsque Jules Garnier découvre, en remontant la cascade Ouenimbo, un premier filon de « fer chromé » (chromite) puis d’autres gisements. Pierre Coste y découvre du nickel exploitable et c’est la ruée vers le Mont d’Or et la chaîne de Négandi qui domine la baie de Plum. En 1877, John Higginson demande une concession pour Nickel et Chrome. Ce gisement est déclaré sous le nom de « Lucky Hitt » (coup de chance). Après avoir fourni une dizaine de milliers de tonnes, il sera abandonné, la teneur en chrome du minerai étant jugée insuffisante.
 

La sortie de la mine SLN

 La fortune de Bernheim

 

Né à Mulhouse, Lucien Bernheim fuit très jeune l’occupation allemande de l’Alsace. Après l’Indochine et l’Australie, il arrive à Nouméa en 1884. Il commence comme employé de la mine, à la pioche, puis grimpe les échelons et devient le symbole de la réussite minière. En plus de Népoui, il fera fortune dans le Sud avec la Société Le Chrome. Il rachètera la mine Lucky Hitt pour y appliquer des procédés d’enrichissement du minerai qu’il a appris en Australie. Fin 1891, cette mine connaît une résurrection. D’autres zones seront prospectées et la mine Anna-Madeleine, à la Rivière des Lacs, prendra le relais de Lucky Hitt qui sera démontée en 1907, après avoir produit près de 30 000 tonnes de chromite à plus de 50 % de teneur. Le nom de « Creek Lucky » est resté. Après la mort de Bernheim, en octobre 1917, ses biens seront rachetés par la Société Le Nickel.

 

Sauvés de l’isolement 

La laverie de la SLN.

 

Au fil des années, un village se développe aux alentours de l’usine-laverie de la Société Le Chrome. Les exploitations minières et forestières des environs renforcent la densité de la population. Il en résulte une pétition en faveur d’une Commission municipale, le 7 juillet 1906. Mais le transfert, quelques mois plus tard, du personnel de Lucky Hitt à la mine Anna-Madeleine mènera à la suppression de la circonscription municipale de Plum. En 1910, le projet de route La Coulée à Plum par le rivage sud du Mont-d’Or est remplacé par la construction d’un pont de bois sur La Coulée avec le tracé d’une route passant par le col de Plum. Elle sauve de l’isolement les habitants de Plum qui l’attendaient depuis longtemps... Pendant les années 1930, on trouve une possibilité de « logement chez l’habitant » sur la propriété Colardeau puis chez Paul Bloc. C’est un coin tranquille apprécié des citadins qui viennent goûter aux joies de la balade à cheval, de coups de pêche ou de l’ascension à pied du Mont d’Or.

 

À suivre...

Source : Ville du Mont-Dore. Terre de couleurs et couleurs de terres, Découverte historique et touristique, de l’historien Luc Chevalier.

 

Fiche technique :

Superficie : 29,752 km2 (2 975 ha). Quartiers limitrophes : Mont-Dore Sud, La Coulée, La Lembi-Mouirange, Le Grand Sud.
Population : 2 730 habitants (2 551 hab. en 2004).
Densité : 91,76 hab/km2 (total Mont-Dore : 43 hab/km2).
Productions agricoles : maraîchage, producteur d’œufs fermiers.
Services publics : mairie annexe de Plum, office des postes OPT.RIMaP-NC camp lieutenant-colonel Félix- Broche, gendarmerie.
Défunts : cimetière municipal, salon funéraire (ouverture imminente).
Commerces : pharmacie, épiceries, restaurants, pizzéria, snack, station-service.
Équipements scolaires : groupe scolaire de Plum (école maternelle Les Éoliennes, école élémentaire La Croix du Sud), collège de Plum.
Équipements sportifs : 3 plateaux sportifs, terrain de football, centre équestre La Cravache et école de voile.
Équipements culturels : bibliothèque municipale. Associations : association Grevillea (faune et flore du Sud), association Les Piroguiers du Mont-Dore (sports nautiques).
Loisirs, tourisme : fontaine publique du col de Plum, parc Paul-Bloc, centre de loisirs des Piroguiers, plage Carcassonne, chapelle américaine, chapelle œcuménique Jean-Paul II.

 

 

 
 

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