Un quartier, une histoire Imprimer
L’emplacement de la case du chef Kandjo au Mont-Dore (avant 1854).

Un quartier, une histoire

Votre quartier a une histoire qui en fait son âme et sa particularité. Retrouvez, à chaque numéro, l’histoire d’un quartier de la commune. Aujourd’hui : Mont-Dore Sud.

 

Le cœur sentimental du Mont D’Or

 

Alors que la plupart des communes de Nouvelle-Calédonie tirent leur nom de rivières, le Mont-Dore doit son appellation à son massif trapu, sommet isolé de la chaîne centrale. Situé entre mer et montagne, le Mont-Dore Sud est un quartier essentiellement résidentiel qui figure aujourd’hui parmi les plus peuplés de la commune.

 

Baptisé Mont D’Or par le commandant Tardy de Montravel, qui dressa la première carte du Sud calédonien, le massif du MontDore était occupé, avant 1855, par des hameaux placés sous l’autorité du chef Kandjo. Ils commençaient à l’embouchure de la rivière La Coulée et s’étendaient en direction du sud, sur toute la zone de piémont. Le chef Kandjo avait sa case sur les contreforts ouest du Mont-Dore. Après la pointe Tara, le territoire en direction de l’est jusqu’à la baie de Plum était sous l’autorité du chef (Aliki) Kari.

 

Bérard, le premier colon

 

En janvier 1857, Théodore Bérard, séduit par le pays, démissionna de la Marine et devint le premier colon installé au Mont D’Or. Il obtint du vieux chef Aliki Kari de vastes terrains sur lesquels il créa, avec la maison française Val d’Aram basée à Sydney, un immense élevage et une usine à sucre. Douze colons français venus d’Australie et 40 hommes originaires des Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) mirent ces terrains en valeur. Des habitations furent construites et les charrues tirées par des bœufs labourèrent les terres fertiles arrosées par un creek.

 

 

Vestiges encore visibles de l’ancien niveau d'exploitation de la mine.

L’autre pionnier du nickel

 

En 1860, l’ingénieur des mines Jules Garnier fut chargé, par le ministre de la Marine et des Colonies, d’une mission d’exploration minéralogique en Nouvelle-Calédonie. Il arriva à Port-de-France (Nouméa) en 1863.

 

En septembre 1864, il explora la région de Dumbéa où il observa « une roche accompagnée d’une matière verte collée à sa surface ». Les échantillons envoyés à Sydney furent transmis à un minéralogiste américain qui confirma la présence de nickel.

 

Dans le même temps, un certain Pierre Coste s’installa à Plum avec sa famille pour se rapprocher de son fils condamné au bagne. Un matin de 1873, alors qu’il gravissait les flancs sud du petit Mont D’Or, son pic se posa sur une traînée verte dans le rouge latéritique. Il venait de découvrir le premier gisement de nickel calédonien…

 

Pour payer la demande de concession, Pierre Coste sollicita l’aide d’un Australien nommé Tully. Le 13 septembre 1873, Tully fut indiqué comme découvreur de la mine. La société Tully et Cie deviendra la Compagnie des Mines de nickel du Mont D’Or lorsque John Higginson obtiendra gracieusement les 400 actions minières de Coste en s’engageant à partager avec lui les bénéfices de l’exploitation. Le minerai fut exporté en Australie, mais Coste devra alors rembourser la déclaration de concession. Le 23 septembre 1876, on retrouvera son cadavre sur la plage de Plum…

 

Vingt ans plus tard, un de ses fils tentera d’obtenir réparation mais il sera débouté pour requête tardive. L’histoire retiendra seulement les noms de Jules Garnier et d’Higginson…

 

La garniérite, minerai de nickel calédonien.Le rêve touristique de Carlo Léoni

 

En 1926, le Calédonien Carlo Léoni, propriétaire du magasin Hagen Frères, à Nouméa, se mit bénévolement au service du tourisme, avec l’espoir de développer la croisière en Nouvelle-Calédonie. En 1933, il obtint la représentation de la compagnie de navigation néerlandaise KPM qui assurait des voyages touristiques à Nouméa. Remplacer par :

 

Les navires Oronsay, Orama, Karola, Van Ress, escalent tous les mois 48 heures à Nouméa.

 

À la même époque, il acheta la maison des fils de Pierre Coste, sur le versant sud du petit Mont D’Or. À une trentaine de mètres d'altitude, c'est la fameuse construction que les pêcheurs et plaisanciers fréquentant la région ont baptisée « La Maison Rouge », en raison de son toit composé de tuiles rouges. Elle fût construite par les frères Coste qui habitaient à Plum et qui étaient employés de Monsieur Higginson pour travailler à l’exploitation de la première mine de nickel découverte par leur père.

 

Maintenant, pour Carlo Léoni, c’est son lieu à lui qu'il va rejoindre (parce qu'il n'y a pas de route} allant jusqu'à Plum d'où, avec une petite barque et un propulseur, il s'échoue sur le rivage de son « ermitage ». Il est devenu amoureux du Mont D'OR, de ce site don’t l'ensemble constitue un vrai potentiel pour les touristes.

 

 

La Corniche du Mont-Dore, lieu de prédilection de Carlo Léoni.

Il réussi ainsi à obtenir de l’administration la construction d’une piste en direction de Plum, la future route de la Corniche, aujourd’hui empruntée chaque jours par des milliers de Mondoriens. On lui doit aussi le premier dépliant touristique calédonien, destiné à la clientèle australienne, et publié en 1933.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue des îlots Bailly, Charron et Porc-Épic.Du Camp Allar au Mont-Dore Sud

Avec l’arrivée des forces armées américaines durant la Guerre du Pacifique, le Camp Allar, situé sur la zone du lotissement Martin sud, bénéficiera de terrains nivelés, de routes et d’évacuation d’eaux usées. Il devint ensuite la propriété de M. Martin qui en fit un lotissement, sans doute le premier du quartier. Les lots de 10 ares en moyenne, situés entre la Corniche et le bord de mer puis entre la route et les premières pentes du Mont-Dore, trouvèrent rapidement preneur.

 

Aujourd’hui, on construit de plus en plus loin en direction de Plum, mais aussi de plus en plus haut sur le relief abrupt, avec vue imprenable…

 

  

Source : Ville du Mont-Dore. Terre de couleurs et couleurs de terres, Découverte historique et touristique, de l’historien Luc Chevalier

 

Fiche technique :
  • Superficie : 641 hectares (6,41 km2).
  • Quartiers limitrophes : Vallon-Dore, La Coulée et Plum.
  • Population : 2 329 habitants (recensement de 2014)
    contre 2 140 hab. en 2004.

  • Densité : 363,33 hab./km2 (Mont-Dore : 42,2 hab./km2).
  • Équipements économiques : cabinet médical et pharmacie, épicerie, alimentation, cabinet vétérinaire, centre de sport et de danse.
  • Productions agricoles : pépiniéristes, maraîchers.
  • Équipements scolaires : pas d’école dans ce quartier (cf. VallonDore).
  • Associations : La Séviane-Kiwanis (foyer pour adultes handicapés).
  • Personnes âgées et handicapés : La Séviane-Kiwanis (foyer pour adultes handicapés), Le Jardin des Sens - Sic (résidence pour seniors), maison de retraite Hibiscus (L'AGE DORE SARL).
  • Tourisme, loisirs : parcours de santé de Mont-Dore Sud, parc pour enfants du parcours de santé, parc de repos et base de loisirs, accès pédestre au sommet du Mont-Dore (mont Goumba).

 
 

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