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Journée d’échanges entre les élèves de la commune

Une nature forte

Il vit à cent à l’heure, entre la terre familiale de La Coulée et sa propriété du col de Mouirange, quand il n’est pas en brousse à lutter contre les érosions sur mine. Matthieu Cochard pourrait en faire plus encore, s’il avait plusieurs vies. Car cet horticulteur passionné sait toujours que le projet suivant sera le plus beau.

 

Ses épaules carrées, sa barbe d’un jour et son chapeau de cuir à la Crocodile Dundee vont de pair avec un accent caldoche affirmé de la première génération « du Caillou ».

Arrivé sur le territoire à l’âge de six mois, Matthieu Cochard a eu pour terrain de jeu les terres rouges du Sud calédonien. Son père Pierre, ingénieur agronome, avait réalisé son rêve, parmi d’autres : faire renaître la culture du café Leroy, une variété prestigieuse.

 

"Les arbres sont en  pension chez nous. On les  bichonne en famille."

 

C’est ce même esprit d’aventure qui a poussé son fils cadet à décrocher un bac agricole avant de se spécialiser dans les métiers de la mine. « J’ai été salarié de la SLN pendant quinze ans, avec de nombreux déplacements dans le Nord. Ce n’était pas facile de faire cohabiter cet emploi du temps avec une vie de famille, j’ai donc quitté la société pour me mettre à mon compte, dans la gestion des eaux en terrain minier, ce que je savais faire », explique-t-il.

 

Des plantes en pension

En 2013, en parallèle de la mine, il décide, avec sa compagne, de remettre sur pied les anciennes installations du café Leroy pour se consacrer à l’horticulture. Sur un terrain de 2 hectares, ils plantent différentes essences destinées à revégétaliser les zones dégradées des terrains miniers du Grand Sud. Grâce à un partenariat avec Sud Forêt, ils font aussi germer de l’araucaria ou d’autres variétés exploitées en sylviculture comme le kaori ou le chêne-gomme.

« Après réception, les arbres sont en pension chez nous. On les bichonne en famille en attendant qu’ils soient replantés en forêt », commente l’horticulteur. Le maraîchage est une autre corde à son arc, mais sa plus grande fierté, c’est l’unique eucalyptus arcen-ciel qui trône à l’entrée du terrain. « Talamona, mon voisin de Mouirange, m’avait donné une graine. Il prend un mètre chaque année, il est magnifique ! », s’exclame-t-il.

 

Pour le chant des notous

À bientôt cinquante ans, ce papa de deux grandes filles et compagnon d’Isabelle, une métisse de Houaïlou, affiche son attachement aux racines locales, sa part du « destin commun ». Près de sa petite maison « tonton Marcel », il a tenu à installer une case dans le plus pur esprit mélanésien. « C’était un vieux rêve, et j’ai invité des bâtisseurs de Lifou à la maison pour qu’ils le réalisent », confie-t-il.

Non loin de là, il a planté plusieurs pieds de santal. Un investissement pour l’avenir mais pas seulement. Amoureux de la nature, il reconstitue un petit coin de forêt primaire, pour le simple plaisir d’entendre chanter les notous…

Mise à jour le Vendredi, 08 Novembre 2019 14:40
 
 

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