Accueil Tourisme Historique
 
Historique Imprimer

L’origine du nom Mont-Dore

James Paddon disait que sur les flancs de la montagne, les mélanésiens avaient trouvé des paillettes d’or, c’est alors que la montagne est devenue Mont D’or. Cependant, les missionnaires, après leur installation, ont assimilé la montagne à leur Auvergne natale et l’orthographièrent « Mont-Dore ».

Les différentes étapes du peuplement du Mont-Dore

1000 av JC

Les premières vagues de peuplement (1000 av JC)

1000 avant JC
Un petit groupe de colonisateurs austronésiens venus du nord de la côte ouest s’implante dans la zone du sud de la grande terre proche de la mangrove et des platiers. Un second groupe, toujours issu de cette première descente en pirogue, partira vers l’Ile des Pins.
Ces austronésiens viennent du nord de la Mélanésie et ont un bagage culturel partiellement issu d’Asie du sud-est. Ils transportaient dans leurs pirogues des tubercules qu’ils plantaient à l’arrière des villages.

Période de Koné
L’installation dans la région de Boulari s’accompagne vers 1000-900 av JC d’un changement de l’environnement, la forêt existante est remplacée de façon rapide par des terrains horticoles. Il en va de même à Saint-Louis. Vers 200 av JC, apparaît la poterie de Plum, tradition à anse du Sud de la Grande Terre et dont un exemplaire complet fut trouvé à Plum.

Premier millénaire
Ce premier millénaire av JC fut marqué par un accroissement important de la population et par l’arrivée de nouveaux groupes extérieurs à la région, entraînant des problèmes de disponibilité de la terre cultivable. Des solutions furent trouvées alors, notamment par la création de cultures en terrasses pour, par exemple, le taro d’eau.  

Deuxième millénaire
La tradition des poteries de Plum va être remplacée par la poterie de Nera, plus fine, sans anses. Les échanges entre la Grande Terre et les îles Loyauté se multiplient. Cette période est surtout celle de la multiplication des tarodières irriguées formant des ensembles horticoles de plusieurs centaines d’hectares dont les vestiges sont visibles du col de Tongoué jusqu’à la Coulée. Les cultures comportaient également l’igname, le bananier et la canne à sucre. La division sexuelle du travail existe alors, les femmes s’occupant des champs, les hommes de la pêche et de la navigation.

XVIII-XIXe siecle

Le temps des premiers contacts (XVIII-XIXe siècle)

Les premiers contacts avec les navigateurs européens eurent lieu dès la fin du XVIIIème siècle. Dès le début du XIXeme, un puissant groupe, les Kabwa-Ouassios s’étendent dans le sud de la Grande Terre jusqu’à la limite du Mont-Dore. Les guerriers de l’Ile des Pins font des incursions et des razzias régulières. Ils introduisent également vers 1820 une nouvelle forme de pirogue, d’inspiration tongienne.   
Le début du XIXeme voit la société existante souffrir de cycles d’épidémies (maladies virales), le nombre de la population chute et la société se désorganise. Parallèlement, se déroulent des guerres incessantes très meurtrières et c’est dans ce contexte qu’aura lieu la prise de possession.
La prise de possession a lieu en 1853. La région du Mont-Dore est alors peuplée de deux tribus : les Boulari et les Okonié. L’ensemble est clairsemé et les groupes ne représentent pas plus de trente personnes.
A l’ouest, près de Nouméa, la tribu des Moraris (Yahoué au pied du Mont-Dore) dont leur chef est Kandio. Les Moraris appartiennent aux Boulari. Leur influence va jusqu’à la Vallée des Colons où ils sont en concurrence avec les Gamba.
Les Gamba, groupe Houassios, vont de Nouméa à Tontouta. Leur chef est Kuindo.
On compte sur toute la région 1200 personnes (de la Ouenghi à Dumbéa). On compte 200 à 300 Moraris en 1853.
Dès 1840, les santaliers anglais accostent et prélèvent le bois de la Vallée des Colons où, en octobre 1847, ils sont attaqués par les Gamba qui tuent 8 membres de l’équipage. Les représailles anglaises du Capitaine Woodin, les poussent alors dans les collines.
Au Sud, les Okoniés, sont situés entre le Mont-Dore et la baie de Plum. La rivière de la Coulée marque la frontière entre les Moraris et les Okonié.
La déclaration de Bouzet, en janvier 1855, règle le problème de la possession du sol. Elle reconnaît aux indigènes la propriété des terres occupées et place dans le domaine de l’État les terres non occupées. Seules ces dernières peuvent faire l’objet de concessions. En 1868, l’arrêté du Gouverneur Guillain établit la propriété incommutable des terres occupées par les tribus.

A partir de 1850

Les implantations missionnaires à partir de 1850

Le peuplement européen du Mont-Dore est le plus ancien de Nouvelle-Calédonie, à l’exception de celle de Paddon à l’île Nou.

1855, La Conception
Le Père Rougeyron s’installe au lieu dit inhabité de Paé en 1853.  L’acquisition par les maristes des terres aux mélanésiens porte sur une surface de 2000 hectares. Ils y installent 120 néophytes originaires de Pouébo et de Balade et en 1856, le père Forestier s’y installe avec 90 mélanésiens de Touho.

Saint Louis 1859–1860, Saint-Louis
Acquise en 1856 par les maristes, Saint-Louis est créé sur une surface de 3416 hectares au lieu dit de Nuonkoné, dans la forêt de la Thi. En 1859, le père Vigouroux y installe des néophytes originaires de Wagap. Les domaines Conception et Saint-Louis forment alors un ensemble continu. Outre l’église, elle possède également des logements spacieux. Dès 1860, une scierie est installée fonctionnant à l’énergie hydraulique. Aux alentours, la plaine était occupée par les troupeaux et les cultures. 

En 1862-1870
Saint-Louis devient le premier centre industriel du territoire principalement à cause de la scierie. Parallèlement, Saint-Louis devient la première école professionnelle du territoire (fer forgé et chaudronnerie) assurée par les frères pour répondre aux besoins de l’agriculture en charrettes et tombereaux divers.

En 1868
À Saint-Louis, on cultive le riz de montagne puis le riz repiqué dans les plaines inondées. Une usine à riz voit le jour.

En 1875
Afin d’utiliser au mieux la récolte de canne à sucre, c’est une rhumerie qui est installée.

1873, première ruée vers l’or vert
Pierre Coste découvre un extraordinaire caillou vert, du nickel à très haute teneur. Il s’en suivit la première ruée vers l’or vert et l’ouverture de la première mine par John Higginson.

1920-1945

Le développement économique du Mont-Dore (1920 – 1945)

A partir de 1920, le Mont-Dore s’est positionné comme un acteur majeur de l’agriculture. Mais de nombreuses autres activités se sont développées comme :

L’activité forestière
Création de la Forestière de l’australien Ross installée dans les forêts du cours inférieur de la rivière des Pirogues. Elle est reprise en 1920 par Albert Vavin sous le nom Compagnie Forestière qui mit en place 50 km de voie ferrée et élargit considérablement l’exploitation. La main d’œuvre était alors essentiellement constituée de japonais. La société devint ensuite Nouvelle Compagnie Forestière, dirigée par Georges Gaudriault et Tiby Hagen. L’exploitation continua jusqu’en 1942 et l’arrestation des Japonais.

L’activité fermière
En 1920, cette activité repart, ce sera surtout une industrie du lait, légumes et œufs. Des anciennes fermes, il ne reste plus alors que la Ferme Limousin. Se crée au Pont-des-Français, la ferme de Louis Transon qui produit du lait et des cultures maraîchères. Également la ferme de Madame Desroches à La Coulée qui transporte chaque jour ses bidons à Nouméa en voiture à cheval.
Cette industrie laitière et agricole atteindra ses sommets entre 1950 et 60.

Les briqueteries
La briqueterie de l’Escale lancée par Albert Varin, stoppée par la crise internationale de 1930.

La mine
Mine de chrome de Mac Intosh Reed, Pierre Vernier premier exploitant de la mine Alice-Louise; les mines de fer de Prony ouvertes par une société japonaise puis reprise en 1942 par la SLN.

L'après-guerre

L'après-guerre

L’après-guerre

1945-1960
L’après-guerre est difficile. Il y a une reprise de l’activité du lait, et d’autres fermes se créent aux côtés de la ferme Limousin notamment dans les hangars laissés vacants par les américains. En 1960, l’importation de lait moins onéreuse tua cette activité et les fermiers vendirent leurs terrains : ce furent les premiers lotissements du Mont-Dore qui gardent encore les noms de leurs fermiers propriétaires comme Raynal, Martin, …
Les années 50 apportent les premières installations industrielles comme les briqueteries Lafleur qui commencèrent à fonctionner en 1954 qui fourniront tout le matériel de reconstruction du sud.
Cette époque sera celle du morcellement des terres des 2 principales terres de la commune, celles du Commandant Audouin et celle de Mme Vibert (ancienne concession Bérard), qui mènera plus tard à l’explosion des lotissements et du peuplement du Mont-Dore.
Parallèlement, une nette explosion de l’activité minière eut lieu entre 1959 et 1960.

1967-1987

L’explosion du Mont-Dore (1967-1987)

L’environnement verdoyant, les côtes, combinées à la disponibilité de lots à construire, vont attirer les Nouméens pour leurs résidences secondaires mais également une population de retraités. Enfin, ce furent les Wallisiens arrivés depuis 1956 en Nouvelle-Calédonie pour les grands travaux qui s’y installèrent avec leurs familles.
Les premiers lotissements datent de 1960 : Raynal, Martin et Mary. Quinze lotissements furent créés entre 1960 et 1971 et la population passa de 1795 habitants en 1962 à 10 000 en 1971.

Histoire administrative

Histoire administrative du Mont-Dore
Aujourd’hui, le Mont-Dore est une commune à part entière avec son conseil municipal et son maire. Mais il n’en fut pas toujours ainsi :

1947
C’est une commission régionale, la première en Nouvelle-Calédonie et présidée par Jean Creugnet, qui gère le Mont-Dore.

1961
La commission municipale est présidée par Wade Neju Luc avec pour premier adjoint Philémon Pidjot et second Boniface Brukoa.

1967
C’est le premier conseil municipal, avec le maire Boniface Brukoa qui le restera jusqu’en 1977.

Les maires du Mont-Dore
  • Monsieur Boniface Brukoa, 1967-1977
  • Monsieur Emery, 1977-83
  • Monsieur Boewa, 1983-87
  • Monsieur Frogier, 1987-2001
  • Monsieur Bernut, 2001-2003
  • Monsieur Éric Gay, maire actuel depuis 2003.

Le blason de la commune

Le  blason de la commune du Mont-Dore

Le blason de la commune a été créé et décidé par le conseil municipal en 1984 et dessiné par Marcel Laffont, conseiller municipal. L’écusson représente dans sa partie supérieure, le Mont-Dore posé sur une mer bleue ondée d’argent. Dans le ciel bleu, la constellation de la Croix du Sud rappelle que la ville est située dans le Sud de la Grande Terre. Dans sa partie inférieure, à gauche, un wagonnet de mine illustre l’exploitation de la première mine du territoire vers 1873, au Mont D’Or. La partie droite représente une hache ostensoir dont la partie supérieure est en jade de l’Ile Ouen. Le blason est supporté à droite par un marsouin et à gauche par un espadon qui symbolisent les activités de la mer, la pêche au gros et le tourisme. Il est relevé par un bandeau d’or au nom de MONT-DORE. 

Sources :
Histoire du Mont-Dore, l’histoire de la deuxième commune, Bulletin scientifique de la société d’Études Historiques, 1997.
Lieux Historiques de La Conception, Saint-Louis, Yahoué, Société d’Études Historiques N°32, par Bernard Brou.

Mise à jour le Jeudi, 08 Avril 2010 16:55
 
 

Ecrire au maire
Carnet blanc - Carnet rose
Centre culturel du Mont-Dore
Mediatheque